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Tendino-bursite du moyen fessier : soulager la douleur sans immobiliser la hanche

Éléonore Pichard-Lavoisier 7 min de lecture
Tendino bursite moyen fessier+traitement : coussin élastique pour soulager la douleur hanche

Une douleur sur le côté de la hanche, plus vive dans les escaliers, à la marche ou lorsque vous dormez sur le côté, peut évoquer une atteinte du moyen fessier et de la bourse située près du grand trochanter. Le traitement repose rarement sur le repos complet. Il associe surtout une adaptation des contraintes, une rééducation progressive et un avis médical lorsque la douleur persiste ou limite les activités.

Comprendre ce qui fait mal sur le côté de la hanche

Le moyen fessier est un muscle qui relie le bassin au haut du fémur. Son tendon s’insère au niveau du grand trochanter, la saillie osseuse perceptible sur le côté de la hanche. Il stabilise le bassin à chaque pas et lors de l’appui sur une seule jambe. Lorsque sa capacité à supporter les contraintes est dépassée, le tendon peut devenir douloureux. Dans les situations qui durent, on parle plus justement de tendinopathie du moyen fessier que de tendinite.

Quiz : Tendino-bursite du moyen fessier

Ce quiz est à but informatif et ne remplace pas une consultation médicale.

La bursite trochantérienne concerne la bourse séreuse, un petit coussinet qui facilite le glissement des tissus autour du grand trochanter. Cette bourse peut être irritée en même temps que le tendon, d’où le terme de tendino-bursite. Les deux mécanismes peuvent coexister. Toutefois, une douleur latérale de hanche n’est pas systématiquement due à une bursite inflammatoire.

Tendinite, tendinopathie et bursite : des termes à distinguer

La tendinite désigne une inflammation aiguë du tendon. La tendinopathie décrit plus largement une souffrance tendineuse liée à une surcharge, parfois accompagnée d’une désorganisation des fibres de collagène. La bursite correspond à l’irritation de la bourse. Cette distinction oriente la prise en charge : calmer la phase douloureuse peut être nécessaire, mais restaurer progressivement la tolérance à la charge du tendon reste l’objectif principal.

Les signes qui orientent vers une tendino-bursite du moyen fessier

La douleur se situe habituellement sur la face externe de la hanche. Elle est souvent très localisée à la pression du grand trochanter, avec une irradiation possible vers la fesse, la face externe de la cuisse, voire le genou. La marche prolongée, les escaliers, les pentes et la station debout peuvent accentuer les symptômes.

  • Douleur en position couchée sur le côté atteint, avec des réveils nocturnes possibles ;
  • Gêne lors de l’appui sur une jambe, de l’habillage ou de la sortie d’une voiture ;
  • Impression de faiblesse ou boiterie d’évitement ;
  • Douleur lors de l’abduction, c’est-à-dire lorsque la jambe est écartée sur le côté contre résistance ;
  • Sensibilité marquée au toucher sur le côté de la hanche.

Une douleur qui descend sous le genou avec des fourmillements, un engourdissement ou des décharges électriques évoque davantage une atteinte nerveuse, comme une sciatique. Une douleur surtout située dans l’aine avec une raideur peut orienter vers une arthrose de hanche. Une lombalgie peut aussi projeter une douleur vers la fesse ou la cuisse. L’examen clinique reste donc nécessaire pour éviter de traiter la mauvaise cause.

Origine possible Localisation et signes fréquents Éléments d’orientation
Tendinopathie du moyen fessier Côté de la hanche, douleur à la marche et en appui unipodal Douleur à la contraction et faiblesse de stabilisation du bassin
Bursite trochantérienne Douleur très sensible au contact latéral Gêne marquée au coucher sur le côté
Sciatique Douleur irradiant dans la jambe, parfois accompagnée de fourmillements Signes neurologiques possibles
Arthrose de hanche Douleur souvent située dans l’aine, avec raideur Mobilité de hanche diminuée

Les 4 postures et contraintes à modifier en priorité

La douleur peut être entretenue par un effort trop important, mais aussi par une compression répétée du tendon contre le grand trochanter. La flexion associée à l’adduction de hanche, lorsque le genou part vers l’intérieur, peut augmenter cette compression.

  1. Dormir sur le côté douloureux : cette position exerce une pression directe sur la zone sensible. Dormir sur l’autre côté avec un oreiller épais entre les genoux aide à maintenir le bassin dans une position plus neutre.
  2. Croiser les jambes en position assise : cette habitude place la hanche en adduction. Il est préférable de garder les deux pieds au sol, avec les genoux dans l’axe des hanches.
  3. Se tenir « en déhanché » sur une seule jambe : cet appui relâché fatigue le moyen fessier et augmente les contraintes. Lorsque vous attendez debout, répartissez le poids sur les deux jambes.
  4. Reprendre brutalement la course, le dénivelé ou les longues marches : le volume, la vitesse et les côtes doivent revenir progressivement, selon la réaction de la douleur.

Observez vos positions au quotidien. Les symptômes ne viennent pas forcément des efforts les plus importants, mais parfois de l’accumulation de petites compressions : dormir sur le côté, téléphoner debout sur une hanche, s’asseoir sur un siège trop bas ou effectuer de longs trajets en voiture. Repérer le moment où le bassin bascule et où le genou part vers l’intérieur aide à corriger le mouvement, sans conclure que toute activité est dangereuse.

Quel traitement pour retrouver une hanche plus tolérante à l’effort ?

Le repos relatif et l’adaptation de la charge

Le repos absolu n’est généralement pas souhaitable. Il peut diminuer la force musculaire et la capacité du tendon à encaisser les contraintes. Il vaut mieux réduire temporairement les activités qui provoquent une augmentation nette et durable de la douleur, tout en conservant les mouvements compatibles avec les symptômes. Une marche plus courte sur terrain plat peut, par exemple, être préférable à l’arrêt total si elle reste tolérée.

Un médecin peut parfois proposer des antalgiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens à court terme, selon l’état de santé et les traitements suivis. Ces médicaments ne corrigent cependant ni la faiblesse musculaire ni les postures qui compriment le tendon.

La kinésithérapie progressive, pilier du traitement

La kinésithérapie vise à réduire l’irritabilité, à restaurer la force du moyen fessier et à améliorer le contrôle du bassin, du genou et de la jambe pendant les gestes du quotidien. Le programme doit être individualisé, notamment chez les sportifs, les personnes sédentaires, après un traumatisme ou en cas de douleur lombaire associée.

Au début, le kinésithérapeute peut privilégier des contractions isométriques peu douloureuses et un travail de contrôle moteur. Le programme peut ensuite intégrer le pont fessier, l’abduction de hanche contrôlée, le clamshell, la marche latérale avec élastique ou les exercices d’appui unipodal. La reprise des escaliers, de la marche longue et de la course intervient lorsque les exercices précédents sont bien tolérés.

Un exercice doit être ajusté s’il déclenche une douleur vive, une boiterie ou une aggravation qui persiste après la séance ou le lendemain. La bonne dose n’est pas celle qui épuise, mais celle qui permet une progression régulière sans flambée douloureuse.

Examens, soins complémentaires et situations qui justifient un avis médical

Le diagnostic commence par l’interrogatoire et l’examen clinique. Le professionnel recherche notamment une douleur à la palpation du grand trochanter, observe la marche et l’appui sur une jambe, et réalise des tests de mise en tension ou de contraction contrariée. Le signe de Trendelenburg, qui correspond à une bascule du bassin lors de l’appui unipodal, peut refléter une faiblesse des muscles stabilisateurs.

Une échographie ou une IRM peut être demandée si le diagnostic reste incertain, si une rupture partielle est suspectée ou si les symptômes résistent à une prise en charge bien conduite. Ces examens aident à distinguer une atteinte tendineuse, une bursite ou une autre cause de douleur de hanche.

Lorsque la douleur persiste malgré la rééducation, le médecin peut discuter d’options complémentaires, comme les ondes de choc extracorporelles dans certaines formes chroniques ou une infiltration. Une infiltration de corticoïdes peut réduire temporairement la douleur, mais elle ne remplace ni le renforcement progressif ni l’adaptation des contraintes. La chirurgie, avec une réparation tendineuse ou une bursectomie, reste exceptionnelle. Elle se discute surtout après l’échec prolongé d’un traitement conservateur ou en présence d’une rupture significative.

Consultez rapidement en cas de douleur brutale après une chute, d’impossibilité de prendre appui, de fièvre, de hanche rouge ou chaude, de faiblesse qui s’aggrave, de perte de sensibilité ou de troubles urinaires ou intestinaux. Pour une douleur installée, un médecin et un kinésithérapeute peuvent organiser la prise en charge. Selon la situation, un rhumatologue ou un chirurgien orthopédiste pourra également intervenir.

Éléonore Pichard-Lavoisier
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